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Les futures mamans disposent désormais d’une alternative à l’accouchement traditionnel

Le 06/11/2014

Musique douce, lumière tamisée… Accoucher comme à la maison, en toute sécurité, est désormais possible à la maternité d’Issoire. Évelyne Bataillé, sage-femme, allume la radio et le photophore. La séance de pré-travail, dans la salle de naissance physiologique de la maternité d'Issoire, peut commencer. Laure Lenôtre, 40 ans, qui doit accoucher dans une semaine, s'assied sur un gros ballon et saisit une écharpe suspendue à un arceau. Ainsi installée dans le pelvitrac - tel est le nom de cet appareil - la maman ondule lentement le bassin. Un siège, installé derrière le ballon, permet à Évelyne Bataillé de guider ses mouvements. « L'objectif est de mettre la maman dans un état de relâchement, souligne la sage-femme. Plus la patiente est mobile, mieux la dilatation du col se fait. Le bébé sort plus facilement. » Accompagner la naissance de façon la plus naturelle possible, dans une démarche de démédicalisation, telle est la raison d'être de ce nouvel espace aux couleurs douces et à l'ambiance zen. « Il y a eu, pendant très longtemps, une surmédicalisation de l'accouchement, avec la tendance à déclencher, note le docteur Mansoor, chef du service de gynéco-obstétrique du centre hospitalier. Aujourd'hui, les femmes ne veulent plus de cela. Certaines préfèrent accoucher à la maison. Nous, nous leur proposons une alternative en disant "à la maternité, vous serez comme chez vous, avec le confort et la sécurité". » « Le travail est plus rapide et moins douloureux » Une dizaine de parturientes, ne présentant pas de risques, ont déjà testé cet équipement d'un nouveau genre, qui côtoie les deux autres salles d'accouchement classiques du pôle obstétrical refait à neuf. Marion De Froment, 27 ans, est l'une d'elle. Son petit Alexis n'a pas vu le jour sur une table à étriers mais sur un grand matelas de dilatation violet garni de coussins. « J'avais déjà vécu une expérience similaire à Rennes, pour mon premier enfant, raconte-t-elle. Je voulais essayer d'accoucher sans péridurale. Ici, où je n'en ai pas eu non plus, j'ai retrouvé les mêmes sensations. Le travail est plus rapide, moins douloureux. Sur le fauteuil, les contractions font moins mal. » Laure Lenôtre, elle, découvre la salle « nature ». Après la séance de pelvitrac, la voilà allongée sur le côté, sur le matelas de dilatation. Position qu'elle pourra adopter, si elle le souhaite, pour mettre au monde son enfant. Son mari pourra même se joindre à elle pour l'aider. Sur son ventre : un petit boîtier qui scrute les battements du c'ur de son bébé. Il est relié par radio à un monitoring mobile placé dans le couloir. La surveillance se fait à distance pour ne pas troubler la tranquillité et l'intimité de la maman. Cette alternative représente pour l'heure une naissance sur dix à la maternité issoirienne. « Cela correspond vraiment à mon désir d'accoucher le plus naturellement possible, confie Laure Lenôtre. Ici, l'environnement est agréable et rassurant. » Rassurant, aussi bien d'un point vu humain que sanitaire. Il suffit de déplier un large paravent pour que la salle redevienne une salle d'accouchement classique. Derrière cette protection discrète se trouve un lit médicalisé équipé de toute la logistique traditionnelle. Support, position, ambiance… Les futures mamans n'ont jamais eu autant de choix. Olivier Choruszko

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